Forêts Rhénanes – Les automnales

Aquarelle et encre de Chine sur papier - 56 x 76cm

L’automne avait déposé son manteau de feu.
De ses dagues célestes la pluie fertilisait la terre.
Elle tombait drue et ruisselait le long des troncs des peupliers effeuillés qui, transfigurés par leur nudité en hallebardes étincelantes se démarquaient d’un ciel délicatement argenté.
Les lianes dévoilaient des entrelacs vertigineux, ultimes complaintes des étreintes de leurs amours estivales.
Un vent puissant rassemblait les feuilles tombées, en amas  frénétiques et mouvants semblables à des chairs qui soupirent. Rien ne rappelait en ces lieux, les résurgences lumineuses provoquées par les feuillages denses des chênes et des saules gris bercés par la brise en été. Tout cela n’était pour moi que signes et mystérieuse lecture, cabale perpétuelle impulsée par de multiples articulations aux phalanges magiques qui  transformaient l’atmosphère du lieu en belle fantasmagorie.
Une lumière crue et prometteuse révélait l’ossature délicate de la forêt et je ressentais le souffle impérieux de ce squelette branchu qui bientôt renaîtra de ses chairs dépéries.

« Forêt de la Robertsau »
Texte (c) Eliane Karakaya

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Web :https://www.karakaya.fr Blog : https://elianekarakaya.wordpress.com
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