Souvenances du 14 février dernier, où je marchais sur l’eau….

Ce jour-là je marchais sur la glace d’un bras mort du Rhin qui sinuait au travers de la Forêt de la Robertsau. La chair gelée de l’eau était sillonnée par de nombreux graphismes aléatoires laissés par des patineurs. D’impressionnantes fractures dont le décrochement transparaissait dans la croûte épaisse, traversaient l’étendue de glace dans toute sa largeur. Des végétaux saisis dans la transparence cristalline de la glace dessinaient de curieux paysages inversés. Saisie par leur beauté, j’observais toutes ces particularités hivernales……, bientôt bousculées par le printemps.

La chair de l'eau - Oeuvre sur papier 57x38cm -

 

Bras mort gelé du Rhin - Aquarelle et encre sur papier - 50x42cm -

Photos et textes Eliane Karakaya (c) 

Publié dans Rythmes et Forces | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Un dimanche de février à Strasbourg…

Nous sommes dimanche le 12 février, il fait froid, -6°. Malgré un soleil radieux les rues de Strasbourg sont presque désertes. La cathédrale projette sa flèche unique vers un ciel céruléen et je sillonne les rues balayées par un vent sibérien. A la croisée de regards, je note quelques expressions dans ma mémoire, instants fugaces…… vite couchés sur le papier en rentrant à l’atelier….pour ne pas oublier…

Etude au crayon sur papier - 10x15 cm

Etude au crayon sur papier - 10x15 cm

Etude au fusain sur papier - 28x46 cm

Etude au fusain sur papier 22x 32 cm

Publié dans Mémoires Palimpsestes | Tagué , , | Laisser un commentaire

Mes toutes premières études graphiques sur le thème des Forêts Rhénanes

Je vous invite à découvrir les toutes premières études sur les forêts rhénanes. Elles sont pour moi le socle fondateur d’une réflexion graphique que je mène depuis 2004. Les paysages y sont uniques, enchanteurs et mystérieux ….. riches de lumière et d’eau. La végétation y est variée, exubérante au printemps et luxuriante en été. La richesse de ses essences de feuillus et de rares résineux colore l’automne… en hiver la lumière y est cristalline.

Les études que je vous propose ci-dessous représentent des lieux de la Forêt de la Robertsau.

Etude à l'encre de Chine - 60 x 39 cm

Etude à l'encre de Chine - 30 x 45 cm

Etude à l'encre de Chine - 30 x 45 cm

Publié dans Rythmes et Forces | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Forêts Rhénanes – Les automnales

Aquarelle et encre de Chine sur papier - 56 x 76cm

L’automne avait déposé son manteau de feu.
De ses dagues célestes la pluie fertilisait la terre.
Elle tombait drue et ruisselait le long des troncs des peupliers effeuillés qui, transfigurés par leur nudité en hallebardes étincelantes se démarquaient d’un ciel délicatement argenté.
Les lianes dévoilaient des entrelacs vertigineux, ultimes complaintes des étreintes de leurs amours estivales.
Un vent puissant rassemblait les feuilles tombées, en amas  frénétiques et mouvants semblables à des chairs qui soupirent. Rien ne rappelait en ces lieux, les résurgences lumineuses provoquées par les feuillages denses des chênes et des saules gris bercés par la brise en été. Tout cela n’était pour moi que signes et mystérieuse lecture, cabale perpétuelle impulsée par de multiples articulations aux phalanges magiques qui  transformaient l’atmosphère du lieu en belle fantasmagorie.
Une lumière crue et prometteuse révélait l’ossature délicate de la forêt et je ressentais le souffle impérieux de ce squelette branchu qui bientôt renaîtra de ses chairs dépéries.

“Forêt de la Robertsau”
Texte (c) Eliane Karakaya

Publié dans Rythmes et Forces | Tagué , , , | Laisser un commentaire

RYTHMES ET FORCES “Les Forêts Rhénanes”

Voici quelques travaux et mots sur le thème des Forêts Rhénanes, ces terres mystérieuses d’eau et de lumière….

EXPOSITION ” RYTHMES ET FORCES ” au CINE de BUSSIERRE à la ROBERTSAU – 155 rue Kempf - STRASBOURG- Ouvert tous les jours de 14h à 18h jusqu’au 18 décembre 2011

Rythmes et Forces - Acrylique et fusain sur toile - 80 x 80 cm

Ces travaux  sont le fruit de mes promenades dans les Forêts rhénanes desquelles je m’ inspire pour créer un langage pictural de couleurs et de formes. Au fil de mes déambulations dans la Forêt de la Robertsau, de la Wantzenau etc., j’observe ces écrins de verdure et de vie, et peu à peu un rythme visuel s’installe stimulé par les étendues d’eau et de lumière. Puis les images se succèdent, une “écriture/peinture” se crée qui me permettra ensuite en travaillant à l’atelier de proposer une nouvelle “lecture/image” du paysage. En ce sens, je me sens assez proche des mystiques rhénans comme Maître Eckhart qui proposait la contemplation comme réflexion  car elle permettait  de se détacher des images afin d’accéder à une dimension spirituelle, celle de l’âme. Ma peinture s’adresse donc à l’esprit, l’œil n’étant qu’un « organe passeur » celui du corps.

Rythmes et Forces - Lumière - 100x150cm -

Mes acryliques et aquarelles sont ainsi animées par des rythmes colorés qui en s’opposant à des forces invisibles instaurent un rythme pictural abstrait. Un mouvement perpétuel se met ainsi en place au sein de l’œuvre et me rappelle le ressenti des émotions vécues sur le lieu.

Rythmes et Forces - Iridescence - Aquarelle 72x86cm-

Exposition RYTHMES ET FORCES au CINE de BUSSIERRE– 155 rue Kempf - Strasbourg Robertsau - Ouvert tous les jours de 14h à 18h jusqu’au 18 décembre 2011

http://www.sinestrasbourg.org/actualites/actuellement/89-exposition-eliane-karakaya-qrythmes-et-forcesq-du-18-novembre-au-18-decembre

Article de presse paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, édition de Strasbourg

Publié dans Rythmes et Forces | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Quelques croquis

Divers croquis

Publié dans Mémoires Palimpsestes | Laisser un commentaire

Réflexion

Quand les villes deviennent chair

Et si les villes n’étaient pas faites de pierres, de bois et de fer mais de chairs.
De chairs qui se croisent et parfois se touchent
De regards qui se cherchent s’ignorent ou s’évitent
D’histoires ordinaires pétries de vies singulières
De vies multiples, d’horizons divers
Où les limites franchissables des murs se heurtent aux limites infranchissables de l’être
Où le violent collabore avec le sombre, le visible avec l’invisible,
Où le pouvoir arbitre le savoir,
Où les rapports humains s’enchevêtrent, se nourrissent, se fécondent
Et de part leurs variations innombrables s’usent, s’effacent et renaissent !

Entre l’être et le paraître,
Les individualités se croisent, se confondent, s’affirment, s’opposent, se défient, se nourrissent,
Les visages, les regards sont des palimpsestes où l’on entend sourdre des vies passées alors que de nouvelles s’y impriment
Tout aspire vers l’illimité, mais ineffable paradoxe,
L’éternité compose avec la vie et la mort, et leurs liens sont indéfectibles.
Cette réalité obscurcit  la volupté du désir
Mais les échos perpétuels d’illusions increvables,
Appels salutaires, rattachent à la vie.
La vie comme inévitable parodie pour conjurer l’échéance ultime,
Une bouffonnerie qui par ses extravagances orchestrent des raffinements comiquement hypocrites,
Et, qu’un peintre, traité de fantaisiste dépèce sans concession et d’une facture incisive sur l’autel du burlesque.
Est-ce une transgression, un moment d’égarement, une satire anachrone ?

Texte (c) Eliane Karakaya

Les burlesques par Eliane Karakaya

Publié dans Mémoires Palimpsestes | Laisser un commentaire