Quand les villes deviennent chair
Et si les villes n’étaient pas faites de pierres, de bois et de fer mais de chairs.
De chairs qui se croisent et parfois se touchent
De regards qui se cherchent s’ignorent ou s’évitent
D’histoires ordinaires pétries de vies singulières
De vies multiples, d’horizons divers
Où les limites franchissables des murs se heurtent aux limites infranchissables de l’être
Où le violent collabore avec le sombre, le visible avec l’invisible,
Où le pouvoir arbitre le savoir,
Où les rapports humains s’enchevêtrent, se nourrissent, se fécondent
Et de part leurs variations innombrables s’usent, s’effacent et renaissent !
Entre l’être et le paraître,
Les individualités se croisent, se confondent, s’affirment, s’opposent, se défient, se nourrissent,
Les visages, les regards sont des palimpsestes où l’on entend sourdre des vies passées alors que de nouvelles s’y impriment
Tout aspire vers l’illimité, mais ineffable paradoxe,
L’éternité compose avec la vie et la mort, et leurs liens sont indéfectibles.
Cette réalité obscurcit la volupté du désir
Mais les échos perpétuels d’illusions increvables,
Appels salutaires, rattachent à la vie.
La vie comme inévitable parodie pour conjurer l’échéance ultime,
Une bouffonnerie qui par ses extravagances orchestrent des raffinements comiquement hypocrites,
Et, qu’un peintre, traité de fantaisiste dépèce sans concession et d’une facture incisive sur l’autel du burlesque.
Est-ce une transgression, un moment d’égarement, une satire anachrone ?
Texte (c) Eliane Karakaya

Les burlesques par Eliane Karakaya